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1790 – 28/2/1869. GTM N° 12 ; totem : la Cigogne-Larmoyante. « Le plus grand des Racines sans excepter Racine » écrit de lui le 4 mars 1869 *Hugo, qui a pour Lamartine une raisonnable estime, mais tient Racine pour surfait. Les Poésies le nomment 7 fois (Hugo 12). Ducasse y évoque *Jocelyn, La Chute d’un Ange, Graziella. Le poème La lampe du temple (Harmonies poétiques et religieuses) a pu donner le coup de gong à la strophe de la lampe au bec d’argent (II, 11), peut-être composée au moment du décès de Lamartine (28 février 1869). Disparu trop tôt pour rétorquer aux Poésies, Lamartine, cigogne prudente, l’avait fait par anticipation dans son Cours familier de littérature (1856) : [Pierssens]

Je ne suis pas un homme de l’école larmoyante des Nuits d’Young ou des lamentations de Jérémie. Ce parti-pris de gémissement sempiternel sur les choses humaines n’est bon à rien. Ces poésies toujours trempées de larmes me font l’effet de ces pleureuses gagées aux obsèques des anciens et des Orientaux d’aujourd’hui, qui ne savent qu’un métier, et qui meurent de faim si personne ne les loue à tant le sanglot pour pleurer à l’heure. Les larmes sont pardonnables deux ou trois fois dans la vie, le reste du temps elles efféminent; il faut les respecter quand elles coulent, car elles ont été données à l’homme par la nature comme elle a donné la rosée aux nuits des climats trop chauds pour amollir la dureté d’un ciel de feu. Elles sont l’égouttement de la pitié par l’éponge du cœur; mais elles ne sont pas l’organe du courage. Or, si l’homme n’est pas courageux contre l’adversité, il n’est plus l’homme. Donnez-lui une quenouille et un lacrymatoire ! Qu’il file son linceul, et qu’il compte combien il y a de larmes dans l’œil d’un lâche pendant soixante ou quatre-vingts ans de pleurnichement.

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