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Paris, 1739-1803.

Les « tragédies de Laharpe » évoquées (II : 38) avec celles de Jean-François *Marmontel comme situées hors de portée de la plume de Sainte-Beuve, ce sont d’abord Warwick (1763), Timoléon (1764), Phara-mond (1765), Gustave Wasa (1766). Saluées par Voltaire, ces œuvres de jeunesse furent toutes des fours retentissants. L’auteur étant allé se faire consoler à Ferney de ses insuccès reçut du patriarche le conseil de consacrer ses efforts à la critique : ce qu’il fit avec éclat (son Lycée, recueil des ses cours de littérature, connut encore dix-huit rééditions de 1804 à 1830). La Harpe n’abandonna cependant pas l’art tragique ; il donna encore Menzicoff (1776), Les Barmécides (1778), Jeanne de Naples (1781), Philoctète (1783), Coriolan (1784) et Virginie (1786). L’estime tempérée de Ducasse envers le genre tragique – « premier pas du bien » – ne permet pas de tenir la relation de Ducasse pour un éloge de La Harpe ou de Marmontel : il s’agit seulement d’illustrer le fait que, depuis, chez les modernes (Sainte-Beuve en est un) une fracture s’est produite entre le critique et le poète, significative d’une désolidarisation de *facultés qui allaient encore ensemble moins d’un siècle plus tôt.

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