Étiquettes

, , , , ,

Château-Thierry 1621 – Paris 1694.

Bien qu’il n’y soit jamais nommé, la référence au fabuliste est sous-jacente en trois endroits au moins du corpus ducassien. Le défilé devant le Créateur soûl des animaux vengeurs, conclu par l’homme qui fiente trois jours sur son visage auguste (III, 4) rappelle la fable des Animaux malades de la peste et la déchéance du malheureux Lion. En (I : 50), la phrase Ils mangeaient la femme du laboureur et ses enfants salue ironiquement le fabuliste en pleine parabole mussettienne (le couplage La Fontaine-Musset se retrouvera dans la « lettre du voyant » de Rimbaud). Enfin, la transformation (II : 14) de l’*homme, roseau pascalien, en chêne ducassien doit sans doute autant au nom de l’auteur (casse = chêne) qu’à La Fontaine, mais l’écho est forcé. On peut penser que la discrétion relative de Ducasse envers La Fontaine – si différente de la hargne de Rimbaud, plus tard de celle d’André Breton – marque simplement une neutralité confraternelle du deuxième grand montreur d’animaux de notre poésie envers le premier.

Advertisements