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1614-1663. Écrivain français, auteur de Cléopâtre (1647-1658), sorte d’épopée en prose qui met en scène des débats moraux, et de Pharamond (1645), roman-fleuve dans le style des Scudéry. La vogue de ce type de *romans n’a guère survécu à la comédie des Précieuses ridicules (1659). « Gourmont note que le plus grand succès théâtral du siècle est Timocrate, tiré de La Calprenède par Thomas Corneille » (Malraux, L’homme précaire et la littérature, p. 257). Vu ce qu’Isidore Ducasse écrit d’ailleurs des romans, la phrase :

[…] Les vaudevilles barbares de Hugo ne proclament pas le devoir. Les mélodrames de Racine, de Corneille, les romans de La Calprenède le proclament. […] (II : 38)

s’entend moins comme un éloge de La Calprenède et des mélodramaturges *Corneille et *Racine, que comme une para-critique du vaudevilliste *Hugo, accusé d’une insouciance qui, sur le plan de la *morale littéraire, le situe au-dessous des précités (Ducasse est familier de ce genre de *carambolage critique). Au delà des personnes, c’est entre les siècles 17 et 19 qu’opère le parallèle : du premier au second la conscience du devoir, comme préalable de la structure du drame, s’est perdue : l’intention morale des dramaturges du XVIIe est claire, celle des auteurs du XIXe pour le moins floue. Ceux-là mêmes qui prétendent moraliser la scène, comme *Dumas fils, déçoivent : ils ne savent pas « ce que c’est que la morale ».

 

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