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Égrener dans une phrase molle les noms de gens qui n’ont RIEN à faire ensemble fait écho, dans les saluts rituels aux grands ancêtres morts, à l’habitude qu’ont les humains de se précipiter les uns sur les autres dans un rut de circonstance, pour se séparer ensuite à grands cris déchirants. Cette manière d’agir peut bien avoir été, depuis les temps, la règle des couples, il n’est pas indispensable de la répercuter dans les lignes batailleuses d’un mouvement d’idées. C’est le parti qu’a pris André Breton dans son action et dans ses œuvres ; ce n’était, à mon avis, pas le meilleur. Disons pour sa défense qu’un bon palmarès, tout hétéroclite qu’il soit, a son prix pour les lecteurs débutants, sortis hagards et titubants de la gare d’Émichard. Il n’empêche que, du point de vue de la digestion, les mélanges n’ont rien de bon. L’éclectisme de Victor Cousin n’en est pas un mauvais exemple. Je préfère Jean Paulhan, qui conseille aux littérateurs novices de s’en tenir à un seul auteur, bien choisi, à leur guise, et de l’étudier à fond dans tous ses interstices. En contraste, veuillez observer que les listes nominales sont toutes, dans les Poésies, des listes d’auteurs vomis. S’il s’agit de rendre par la bouche ce que notre organisme refuse à grands cris, il est normal qu’aucun ordre ne règle ce reflux acide.

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