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Parallèlement à ses lettres connues – au nombre de six et demie, comme celles du prénom I S I D (O) R O –, dont le texte est aujourd’hui disponible dans toutes les bonnes librairies, Isidore Ducasse est l’auteur d’une correspondance assez abondante, mais définitivement perdue ou provisoirement égarée. On cite par ordre d’entrée en scène :

  • les lettres à différents critiques (signalées par lui-même dans sa lettre à Hugo) ;
  • les lettres parisiennes au Chancelier (signalées par Léon *Lacolley);
  • les lettres parisiennes à Zumarán (?) (une signalée par Guillot-Muñoz);

Cette prétendue lettre, où l’on aurait, prétend-on, lu que l’auteur « a vu jouer au Théâtre Français Le Cid, Athalie et Tartufe avec une vive émotion », est évidemment inexistante ou citée de travers, aucune de ces trois pièces trop vantées n’impliquant, de notoriété publique, la moindre émotion de la part du spectateur abstème.

  • les lettres adressées 5 rue de Lille (dossier *Dosseur consulté par *Genonceaux en 1890.

On n’en connaît que deux (celle du 22 mai 1869 partiellement). Raisonnant sur le cachet, replacé au verso par Genonceaux, de la lettre retournée recto-verso/dessus-dessous par Isidore Ducasse (par une curieuse distinction, remarque le graphologue – distinction et non pas distraction), Jean-Jacques Lefrère a cru démontrer (Isidore Ducasse, p. 655) l’existence dans ce dossier d’au moins une lettre inconnue de nous ; mais il se trompe : c’est bien le cachet figurant au verso de l’originale, barré par Ducasse d’un léger trait ondulé, qui a servi de modèle pour la rectification par photogravure du fac-similé Genonceaux : on y distingue très bien (cf. par exemple l’édition Corti) la trace, privée de sa hampe supérieure, de la rature ondoyante tracée de la main de Ducasse. Comparez les agrandissements suivants :

Lettres

Cachet original raturé figurant au                  Cachet «trafiqué» par Genonceaux
verso de la lettre du 12 mars 1870.               pour sa remise au recto. La photo-
Photocopie pâlichonne, mais                         copie est mauvaise, mais l’identité
la rature est nette : la clarté vaut                   de la rature n’en est que plus évi-
bien le vague, à propos de ratures.                dente. Même rature, même cachet.

  • les lettres signalées par Eudoxie *Petit (à considérer cun grano salis, cette dame ayant donné des signes d’enthousiasme) ;
  • les lettres à Córdoba sur papier bleu (signalées par Oscar Ducasse ; à considérer avec soupçon, car, descendant d’Eudoxie, Oscar relève ainsi, lui aussi, d’une branche de « faux Ducasse ») ;
  • les lettres aux Amis (Georges Dazet, Henri Mue, etc.) ; on n’en a nulle trace : mais, imagine-t-on un écrivain qui n’écrive pas volontiers à ses amis ?

Signalons aux chercheurs et aux faussaires intéressés qu’en raison de leur rareté – voire de leur introuvabilité –, ces divers autographes sont susceptibles d’être monnayés à prix fort. (Le record reste au Problème du Mal de Naville, exemplaire enrichi d’une annotation marginale de cinquante mots de la main d’Isidore Ducasse et vendu Hôtel Drouot en avril 1989 à un amateur pour 310.000 FF.)

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