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Moscou, 3/10/1814 – Caucase, 15/7/1841.

Le banni du Ciel survolait les hautes cimes du Caucase ; sous ses pieds, le Kazbek, pareil à un feu de diamants, projetait les éclairs des neiges éternelles. Dans un sombre abîme, gorge servant de refuge aux reptiles, le Daria serpentait, radieux. Le Terek, bondissant comme un lion furieux, à la crinière blanche, touffue, rugissait…

Le Démon, I, strophe III.

GTM N° 13 ; totem : le Tigre-qui-Rugit. Seul poète russe nommé dans les Poésies. Influencé par Byron, certains critiques russes et étrangers le tiennent pour le plus grand poète de son temps, le préférant à Pouchkine (ayant fait carrière dans l’armée, il mourut comme lui dans un duel au pistolet). Parmi ses œuvres : Le Chant de Kalachnikov (1837), La Novice (Mtsiri, poème traduit aussi sous le titre Hommes de Dieu), Un bal masqué, Fataliste, Le Démon (poème de 1127 vers traduit en français en 1858), et Un héros de notre temps (cinq nouvelles qui, écrit l’auteur, forment un « portrait qui n’est pas celui d’un seul homme, mais [est] composé d’après les vices de toute notre génération, dans leur plein épanouissement »). De son voyage en Russie (1858), Alexandre Dumas avait rapporté un ensemble de poèmes de Lermontov (qu’il compare à Musset); il en publia la traduction dans son journal le Monte-Cristo. Mais il semble que Ducasse ait plutôt lu Lermontov en anglais. R.-F. Lack marque en effet que « si Lermontoff est un tigre qui rugit, c’est à l’instar de l’agresseur de « la novice » du poème homonyme. » Or, ni dans le texte russe, ni dans sa traduction française (qui traduit lion), la bête meurtrière n’est ainsi spécifiée ; ce n’est que dans la traduction anglaise qu’apparaît le mot tiger.

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