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Tarbes, 10 août 1954 – Paris, 16 avril 2015.

–   Si vous me signaliez que le président de la République a dans le troisième tiroir de son bureau un document inconnu sur Ducasse, je tâcherais de m’introduire à l’Élysée.

–   Mais imaginons que ce soit dans le cinquième ?

–   Là, bien sûr, je réfléchirais.

JJL, au Matricule des Anges.

Tôt intéressé au mystère qui entoure la vie d’Isidore Ducasse, sa connaissance des gens et des lieux lui ouvre l’accès à des documents inconnus : encore étudiant en médecine, il publie en primeur, dans Le visage de Lautréamont (1978, signé Jacques Lefrère, préface du Dr J.-P. Soulier), une photographie du poète, exhibe un exemplaire de l’Iliade (Oberas de Homero I) porteur d’une annotation autographe en espagnol d’Isidoro, et fournit de nombreuses précisions sur l’entourage tarbais, en particulier sur les Dazet. Depuis 1987, il préside aux destins de l’AAPPFID (Association des Amis Passés, Présents et Futurs d’Isidore Ducasse) qui édite à cent exemplaires les Cahiers Lautréamont. En juin 1998, il publie la synthèse de ses études ducassiennes, une biographie de 680 pages, Isidore Ducasse, auteur des Chants de Maldoror par le comte de Lautréamont. Le mois précédent paraissaient chez le même éditeur (Fayard) Les Saisons de Rodolphe Darzens (suivi de documents sur Arthur Rimbaud), 780 p., dont le chapitre XI (L’affaire du Reliquaire) préfigure sa biographie de Rimbaud (1242 pages, Fayard 2001) presque[1] unanimement saluée comme magistrale et objet, fait exceptionnel, d’une recommandation expresse de Bernard Pivot lors de sa dernière émission Bouillon de Culture. Depuis 1997, il organise avec Michel Pierssens le colloque annuel des Fous littéraires à Paris. En 2000 il crée avec le même la revue trimestrielle Histoires Littéraires[2]. Son travail proprement éditorial a évolué des méconnnus aux plus connus et du textuel au photographique ; relevons-y le Journal inédit de Louis-Pilate de Brinn’gaubast (avec Philippe Oriol, Horay 1997)[3] ; six recueils documentaires sur Rimbaud : 1° Rimbaud à Aden (Fayard 2001, avec Pierre Leroy et Jean-Hugues Berrou)[4] ; 2° Rimbaud (avec Jean-Hugues Berrou et Pierre Leroy, trois volumes – sous coffret – de photographies, Fayard 2001), 3° Rimbaud à Harar (Fayard 2002) ; 4° Rimbaud ailleurs (Fayard 2004, 300 p.) ; 5° Arthur Rimbaud en verve (anthologie, Horay 2004)[5] ; 6° Rimbaud le disparu (Buchet-Chastel 2004, 300 p. de documents), et deux livres sur Guevara : Che Guevara, images (avec Jean-Hugues Berrou, Fayard 2003) et Che Guevara en verve (anthologie, Horay 2003), – Parallèlement à ses travaux et recherches d’histoire littéraire, fidèle au Vampire, ce père infatigable de familles en dirige d’autres, plus sévères. Professeur à la Faculté de médecine de Paris et chef du service d’hématologie biologique au CHU d’Amiens, il œuvre, au département des agents transmissibles par le sang, à l’Institut National de la Transfusion Sanguine (INTS), 6, rue Alexandre Cabanel, 75739 Paris quinzième. Nul amateur de sang frais ne saurait ignorer TRANSFUSION SANGUINE ET SIDA (Frison-Roche 1991)[6], TRANSFUSION SANGUINE : UNE APPROCHE SECURITAIRE (John Libbey, 2000)[7], PRATIQUE NOUVELLE DE LA TRANSFUSION SANGUINE (avec Philippe Rouger, Masson 2003)[8]. J’en oublie. – Vieux vampire, serais-tu déçu du sang frais ? – J’aime bien payer, c’est vrai


[1] Ce presque rend raison surtout au rimbaldique Aphinar de Gilbert Coustaury (cf. http://www.manuscrit.com/Edito/coupsdecoeur/Pages/FG_aphinar.asp ). Cinglant contempteur du système littéraire en vigueur et fort d’une connaissance intime des textes de Rimbaud, cet ex-bouquiniste des quais parisiens (26/8/1942-26/9/2004) dénonce, partout où il les croise, les traces des lectures rapides, ou trop unies vers Cythère, du poète qu’il aime, Apollinaire, Rimbaud ou quelque autre. En particulier (tout à la fin d’Aphinar) chez l’auteur, Lefrère, de ce pavé qu’il n’a pu lire entier et qu’à l’instar de tout véritable accro il reçoit comme une tentative, nécessairement mal venue, de réduction à ce qui n’est pas le chant. Grande querelle et durable. La passion des faits n’est pas l’écoute du poème, le regard vers le doigt jure avec celui vers l’étoile – l’un peut distraire de l’autre, l’anecdotique voiler l’essentiel. Leur connexion peut aussi suggérer des discussions non toutes vaines. Ici encore, tout est affaire de lecture, et d’un dialogue souvent empêché.

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