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Le héros romantique de base, mettons Faust, ne se fait pas faute de signer un pacte qui l’engage dans une voie difficile. Quelle métamorphose subit cette signature dans le cadre des Chants de Maldoror ? Quel pacte signe au juste celui qui écrit (I, 7): « J’ai fait un pacte avec la *prostitution afin de semer le désordre dans les familles»? Il suffit pour le comprendre de se rappeler le rôle joué par la prostitution relativement à la famille bourgeoise au XIXe siècle: un rôle d’adjuvant. Grâce à l’intervention ponctuelle de la prostituée (assistante pompeuse des maris, à la verge rouge), l’ordre familial n’était pas ébranlé par des revendications érotiques oiseuses, qu’un père eût eu vergogne d’adresser à la mère de ses enfants. Pour saper l’équilibre de la société, il suffit de s’emparer de cette béquille, la prostitution, et de la cacher dans un lieu écarté, où le badaud éberlué ne pourra plus la retrouver. Avez-vous déjà fait à un aveugle la *farce de kidnapper à la fois, au milieu d’une rue parcourue d’automobiles, son chien et sa canne blanche ? Le désordre qui en résulte est époustouflant. Disciple de Maldoror, Marthe Richard sut opérer suivant ce principe. L’opération insidieuse, menée au nom de la *vertu par cette ex-prostituée, repoussa la prostitution dans des zones extra-familiales, où pullulent des perversions bien loin des réunions bon enfant du bordel du coin. Cinquante ans après, le bilan est éloquent: la famille dissoute, le foyer mononucléarisé, le divorce banalisé, l’état de mari bafoué, la puissance du mâle ébranlée, le prestige international de l’alliance abaissé, notre place et notre rôle au lit compromis. Et par qui? Hélas! hélas! par des femmes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être, de servir et d’obéir.

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