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Collectivement dépêchés de l’arène de Rome et du FC de Vienne (Autriche), les fous du stade nous seront reconnaissants d’une notation certes évidente pour la plupart des poètes, mais qui a son prix spécial quant à Isidore Ducasse : si cet auteur est sexué (ce qui reste à prouver : tenir un texte pour argent comptant n’est pas moins naïf, en somme, que de le supposer issu d’un homme ; et si moi je vous jurais que je n’existe pas? que je ne suis qu’un logiciel à paroliser l’espace? Avez-vous scrupuleusement suivi les progrès de l’informatique ces derniers mois?), c’est moins sur le mode anal ou phallique ou génital, que sur le mode oral ; dans la gueule ont lieu ses choix voluptueux. Tel Zorro, autre cavalier noir riant sous cape, Maldoror est un oral. Témoins non isolément probants, mais convergents : son nom d’abord, MaldOrOr; les 41 ô (majuscules ou minuscules) dont s’accidentent ses Chants; la récurrence du croc, compère de la griffe; ………………….. ………………….. ………………….. ………………….. ………………….. ………………….. ………………….. et surtout la certitude qu’à chaque page sa lecture communique du fait que, s’il est un suprême plaisir, c’est à déchirer, muni d’une denture puissante, d’un tigre ou d’un Dieu, vivante et remuante, une proie délectable en remuant la mâchoire inférieure, laquelle remue sa barbe pleine de cervelle. Ô lecteur, ce dernier détail ne te fait-il pas venir l’eau à la bouche? Pourtant il n’est pas gourmand. Déchirer suffit à son délice, mieux qu’à celui du chat, félin qu’on dit à tort cruel, mais trop vorace. Est-ce que les dents ne se découvrent pas spontanément, pour livrer passage à la rauque tornade du rire, quand vous lisez à voix haute ces apothéoses de sarcasme qui défenestrent, en paquets serrés, circonstanciés, tout ce que le poète vomit ? – L’oralité du moraliste est du reste écrite en son centre. – C’est ici l’occasion d’esquisser, avec et contre Freud, notre préférence pour les objets symétriques à l’instar du zodiaque. Je dis que si l’on admet le repérage de l’alibi d’O selon les stades O (oral), A (anal), f (phallique) et g (génital), il y a lieu de leur associer des exostades ou stades culturels O’, A’, f’ et g’, de manière à former l’octosuite :

Oralité

Le génital g et l’exogénital g’ sont pratiquement confondus dans l’histoire de l’alibi en un phénomène de battement, alors qu’à l’autre bout l’oral O et l’exoral O’, posés en termes extrêmes, à la fois s’ignorent et se répondent comme lalation et prophétie. La thèse est que, chez une nature progressive, inapte à camper génitalement dans les préjugés endurcis de l’adulte bon teint, l’évolution se poursuit, l’alibi mue encore, rencontrant tour à tour les images en miroir respectives de chacun des stades joués en toute candeur durant l’enfance, jusqu’à la culmination exorale initiant la plénitude altissime de l’âme conquise au divin (qu’on dit vain, mézator). Deux arrêts du développement culturel, regrettables, sont ici repérés comme fixations exophallique et exoanale, l’accomplissement prophétique ne couronnant que le seigneur des anaux. Typique arrêt exophallique est le formalisme, coté en Bourse, qui voudrait que la lettre se suffise. Inquiétant arrêt exoanal est la passion boueuse des biens accumulés, masse gravissime où se noie quiconque, plein aux as, n’écope pas.

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