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La construction de la Bibliothèque virtuelle, qui ne doit pas seulement comporter tous les livres imprimés jusqu’à nos jours, mais encore tous ceux que publient directement sur le Net les auteurs connectés, sans exclusion de l’ensemble de leur variantes fait éclater, avec la notion d’œuvre, la perspective étriquée que jeta sur la littérature la collusion des parti-pris scolaires et éditoriaux. Comment s’orienter dans cette forêt de signes? demandent, perplexes, ceux qu’intimide le simple lancement d’un logiciel quêteur. Comment caractériser un itinéraire souhaitable, si le mot d’œuvre vous déplaît? Certes, il n’est pas moins facile à un logiciel d’éliminer en première sélection les choses qu’un « lecteur » humain rejette à première vue : le problème se pose eu égard aux proses bien formées mais d’un intérêt médiocre. Or, quand même on devrait attendre encore longtemps les logiciels juges de la qualité, il est clair que les normes de lecture sur écran permettent à chacun de « faire son marché » parmi la littérature existante à l’état numérisé avec autant de bénéfice et davantage que si aucun filtre éditorial avait nulle part opéré. Un livre n’est jamais qu’un fichier étendu, architecturé selon des règles souvent plus satisfaisantes pour la gloriole de l’auteur, où l’idée qu’il se fait d’un livre, que pour la commodité du lecteur. Les cheminements, les butinages au sein de fichiers disparates composent, aléatoirement, mais bien plus près d’une logique soudée à notre métabolisme, une infinité de périples capricants qui sont autant d’ouvrages virtuels, d’œuvres qui n’auront jamais existé que par la grâce intégratrice du regard qu’une fois nous y jetâmes. Par la grâce du Net ils sont là.

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