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Ô miroirs d’argent, incrustés dans les panneaux des vestibules, combien de services ne m’avez-vous pas rendus par votre pouvoir réflecteur !

C’est que nous sommes deux à nous contempler les cils des paupières, vois-tu […]

(VI, §VII)

Le remarquable dans la réception de Lautréamont, qui disposa dans son livre tant de réflecteurs des œuvres passées, c’est qu’il n’a cessé de fonctionner comme un miroir parfait. Qui le considère s’y voit. *Bloy y distingue un délirant au style d’apocalypse ; *Gourmont, un critique très fin ; *Breton, un phare, un conducteur du bataillon des idées ; *Artaud, l’abouchement d’une puissance verbale extravagante au corps d’un être infiniment seul, malade et douloureux ; *Bachelard, un penseur de l’énergétique de la langue ; *Camus, un pense-petit soûl de banalités ; *Faurisson, un imposteur et un farceur ; Soulier, un client ; *Sollers, un écrivain subtil et roué ; *Le Clézio, un brave garçon plutôt maladroit, mais branché comme pas un sur le tellurique et le vital ; une intelligence de premier ordre, enfin, y découvre une intelligence de premier ordre. Non loin de là, un imbécile qui l’ouvre au hasard croit y lire, l’espace d’un sidérant éclair, un imbécile dans son genre.

Mais, quelle puissance possèdent-elles donc, mes gouttes séminales, pour attirer vers elles tout ce qui respire par des nerfs olfactifs ?

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