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Le mirage du sujet, qui se croit quelqu’un, va de pair avec celui du sens, qu’on feint préalable, objet d’une découverte, non d’une formation : la fiction de l’« avoir quelque chose à dire » suppose l’interfaçage suspicieux du « Qui parle ? ». Les questions stables sont autres : Que faire ? – Comment dire ? C’est du *mal, de ses remèdes, qu’il importe d’avoir une claire notion. Les Poésies en avaient fini dès 1870 avec le mirage de solitude impérialiste qui fascinerait un Mallarmé jusqu’au bout – mirage selon quoi un poète est en mesure d’atteindre, seul, une « expression » de l’absolu. Le Livre de Mallarmé se fût proposé, par exemple, en *trente pages (5 ´ 6) à recombiner savamment. Pareille fiction d’absolu conduit au fantasme de l’absurde, qui en scelle la version déceptive. Pour les cœurs non solitaires, l’ouvrage est à faire ensemble, chacun bénéficiant de la *correction de *tous. Il n’y a pas un maître, un génie, mais des ingénieurs, des travailleurs. Dans l’atelier d’écriture mondial, chacun jouit a priori de l’estime de tous. Sur quelque direction d’écriture, on progresse en intégrant l’apport du premier venu.

 

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