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Ce symptôme majeur de notre auteur n’est pas seulement une conséquence de mauvaises lectures (Ô Nuits d’Young*!…) : il est assez constant pour faire l’objet d’une évocation dans une lettre au banquier Darasse (« mais vous avez deviné que mon mal de tête ne m’empêche pas de considérer avec attention la difficile situation… ») et d’échos répétés dans les Chants de Maldoror ([I, 3] : « à la fin, à cause de cette concentration qui ne lui était pas naturelle, chaque jour le sang lui montait à la tête » ; [I, 8] : « Cela me trouble le sang et le cerveau… Qui donc, sur la tête, me donne des coups de barre de fer, comme un marteau frappant l’enclume ? » ; [I, 11] : « – Mère, je respire à peine ; j’ai mal à la tête. – Toi aussi, mon fils ! » ; [II, 5] : « le sang et la haine me montent vers la tête, à flots bouillants », [II, 12] : « Chaque matin, je ressens un poids dans la tête » ; [IV, 8] : « il tourne, de tous les côtés, sa tête, alourdie par la méditation et les manuscrits poudreux » ; [V, 1] : « il faut espérer, quoique ta tête soit encore malade, que ta guérison ne tardera certainement pas à rentrer dans sa dernière période »). *Lespès évoque pour sa part un Ducasse lycéen recourant aux baignades pour calmer son « cerveau malade ». Dans l’ignorance de la nature exacte du mal qui causa son décès prématuré, et tenant par ailleurs compte des allusions répétées de l’auteur des Chants à sa fin (curieuses de la part d’un homme aussi jeune), il n’est pas vain d’évoquer une méningite chronique, peut-être associée, comme chez *Pascal, au développement d’une tumeur cérébrale ; cette conjecture ne flatte pas seulement les ducasso-pascaliens, mais aussi les astrologues (le signe du bélier, associé à la tête).

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