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des mots *Dieu (I), *Elohim (II) répond à la question : les Poésies impliquent-elles un point de vue métaphysique? La substitution du second au premier a le double effet d’hébraïser la notion (ce qui précise, réduit une acception que le mot Dieu laissait ouverte) et du même coup de la régionaliser (ce qui a pour effet latéral de l’ironiser – mais avec une discrétion qui évite d’imposer à cet écart le sens d’un rejet). On a pu y voir une possible référence à la Kabbale (signalée par Marcel Jean et Arpad Mezei, aussi par *Goldfayn et Legrand). L’idée métaphysique clé, le principe qui circule à travers les pages est la non-existence du *mal (II : 82), plus précisément la vérité d’où découlent toutes les autres : la bonté absolue de Dieu et son ignorance absolue du mal (I : 43). Cette idée, d’origine gnostique, est la réponse la plus radicale au problème du mal. Pourquoi le mal existe-t-il? pourquoi Dieu, la *bonté même, le permet-il? Réponse partielle : le mal n’existe que localement (il est infiniment minoritaire) ; Dieu, par définition impartial, l’ignore absolument. Cela signifie que le mal est une affaire entre l’*homme et sa condition. Qu’il la connaisse, qu’il l’étudie au calme, surtout qu’il ne se complaise pas dans le sentiment du mal : l’homme n’est pas le grand mystère (II : 27), c’est un problème posé à lui-même, porteur de tous les éléments de sa solution ; pour en venir à bout, il faut des conditions extérieures, formulées négativement (bannir les sentiments, le bruit, la guerre, les mouches, les diversions, etc.) ; et une condition intérieure, intellectuelle, stylistique et morale, dont la satisfaction progressive progresse du même pas que l’approche de la solution.

 

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