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DC 2. Poème dramatique en trois actes de Lord Byron (1817). Y voyant une réminiscence de Faust, « Goethe, dans un journal allemand, en réclama l’idée originale, comme si – ironise Alexandre Dumas qui pointe le fait dans ses Mémoires – Manfred ne descendait pas de Satan aussi directement que Faust descend de Polichinelle ! » Si à l’instar de Faust Manfred s’est longtemps adonné à l’occultisme et à la magie, il n’est plus, lorsque Byron le dessine, qu’un vieux magicien recru d’amertume. Réfugié sans projet au cœur des Alpes, il cherche la mort, n’ambitionnant pour lui qu’un oubli complet et définitif. Un remords le hante : Manfred a sur la conscience la mort de l’être qu’il a le plus aimé – une femme qu’il n’a pas tuée « avec sa main » mais « avec son cœur ». Aimer/détruire, ce tourbillon fatal ou comme l’écrit Byron ce simoun a gagné son entourage : davantage qu’un maudit, Manfred est une malédiction. Il meurt peu après avoir prononcé une invocation aux morts par le biais du mage *Ahriman (Arimanes). – Manfred est, suivant la lettre du 12 mars 1870 de Ducasse à son banquier, l’un des deux grands modèles de Maldoror ; l’influence en est surtout sensible dans le Chant Ier (où le dialogue entre Maldoror et le fossoyeur présente quelque parenté de ton avec celui entre Manfred et le chasseur de chamois). Les Poésies réfèrent trois fois à ce drame : deux fois par la mention du personnage de Manfred, une fois par celle du personnage d’Ahriman.

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