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Le plus bel instrument des hommes de *génie, selon Maldoror (II, 6) qui ajoute (parlant à l’enfant des Tuileries) : « À guerre ouverte, tu ne pourras jamais vaincre les hommes, sur lesquels tu es désireux d’étendre ta volonté ; mais, avec la ruse, tu pourras lutter seul contre tous ». Bien qu’on ne doive pas se hâter de prêter au poète les dogmes de son héros, il faut avouer que la ruse est inséparable des stratégies littéraires, qu’elles visent à éclairer le lecteur ou à le tromper. Cela implique de la part de celui-ci une défiance sans défaut, à laquelle Lautréamont est le premier à l’inviter, comme un maître d’escrime conseille à l’élève de surveiller sa garde. Pour déjouer les artifices de la poésie ainsi conçue, il ne faut pas, en joueur coléreux, renverser l’échiquier, mélanger les pièces, prétendre que l’auteur se contredit en affirmant tout et n’importe quoi ; mais, au contraire, comme y invite Pascal quant aux textes sacrés, chercher le point de vue à partir duquel tout s’entre-éclaire. On remarquera pour commencer qu’un bon moyen de fixer l’attention des intelligents est de leur proposer une espèce d’énigme, comme ce sphinx qui arrêtait les passants. Encore faut-il que le problème en vaille la peine. Je ne garantirais pas que ce soit le cas des énigmes de Mallarmé. La solution de l’énigme d’Isidore Ducasse, en revanche, est lumineuse à proportion des méprises qu’elle prétexta.

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