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1689-1761.

Romancier et pasteur anglican, créateur avec Pamela ou la vertu récompensée (1741), puis Clarisse Harlowe (1748) et Grandisson (1754), du *roman sentimental moderne (roman bleu) qui, sous une forme dégénérée, paraît encore aujourd’hui sous la marque Harlequin, comblant le mode béat de la lecture. Le thème général en est le suivant : une jeune femme rencontre un homme qui lui déplaît ; après maintes péripéties « hainamoratives », elle l’aime et l’épouse. Ce type de roman, le plus lu parmi ce qui s’imprime, est le seul où se rencontrent encore des phrases du type

« Il apparaît, dit-on, subitement, passe un jour dans son château et repart, en traversant ses villages au galop, si bien qu’on aperçoit à peine son visage, caché sous un large chapeau. » (Delly, Le sphinx d’émeraude, 1957)

parodié, parmi bien d’autres, dans Les Chants de Maldoror. Le séducteur Lovelace (Clarisse Harlowe), inspiré, dit-on, à Richardson par le maréchal de Richelieu (modèle aussi du Valmont de Laclos), est le type du roué sans scrupule, trompeur émérite et prédateur sexuel « atteignant le dernier degré du monstrueux ». Pas plus que les héros de Sade, Lovelace, à en juger par le faible rôle des sens dans les déterminations maldororiennes ne figure parmi les références directes de Maldoror ; tout au plus peut-on relever l’homonymie Leman/Léman du complice de Lovelace à l’essuyeur du sang de Maldoror). Mais Lovelace initia le héros byronien : *Manfred, *Lara, etc.

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