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Ce terme étant aujourd’hui révolu (si on tient compte des développements politiques de la fin du deuxième millénaire), il n’en est que plus satisfaisant d’observer sa quasi parfaite absence au sein du corpus ducassien, si ce n’est dans l’acception astronomique. Négligeons donc, sauf pour lui jeter une couenne, ce vieux chat musculeux, contemporain des révolutions auxquelles ont assisté nos pères ; notons sans insister que Poésies I aligne les révolutions des empires et les faces des temps ; et réservons toute notre attention à la révolution du câble, annoncée avec plus d’un siècle d’avance dans la strophe ultime du Chant VI. Lautréamont ne va pas jusqu’à évoquer l’Internet, mais voici réparé cet excusable oubli : l’Internet est, je ne le nie pas, le contexte adéquat à la situation de la notion de révolution dans l’ordre ducassien. On se gausse d’Isidore Ducasse en l’appelant Félix, en lui offrant ce mou qui n’est exigé par le câble que dans sa phase préparatoire de déroulement, tout autant qu’en lui proposant, à l’instar de Raoul *Vaneigem, de couvrir l’*anarchie de son panache noir (j’aime constater qu’alors que le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, paru en janvier 1967, comptait 109 occurrences du mot « révolutionnaire », 85 du mot « révolution » et une du mot « révolutionner », ce lexique daté a complètement disparu des pages des livres récents de l’ami Raoul). La révolution ne fut jamais que la passion de mettre la charrue avant les bœufs, au mépris du fait que la poésie, la logique, la morale et la révérence envers Elohim sont en mesure d’accorder leurs violons conducteurs dans un espace symbolique qui doit très peu aux circonstances politiques régionales, tandis qu’inversement celles-ci sont étroitement tributaires de ce qui se fait, ou ne se fait pas, dans la perspective d’un tel accord musical apte à donner le ton aux pensées en partance. On ne compte pas, au XXe siècle, ceux qui se sont appliqués à revivre le déboire de Victor Hugo remâchant l’amertume d’avoir coopéré, non loin de Lamartine, en 1848, à la mise en selle de Louis Bonaparte. Le poète doit savoir le premier que la qualité des changements est exactement celle des modes de leur déclenchement : celui qui use des armes de l’ennemi s’en rend indistinct. Prenant place parmi les traiteurs de texte, considérant comment Isidore Ducasse y applique le *tétraèdre des instances, le connecté entre dans un espace de souveraineté active où l’utopie est reine.

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