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La Ferté-Milon 1639 – Paris 1699.

Deuxième pauvre, mendiant tiqueur au porche (II : 88). L’oscillation d’un jugement littéraire mesuré à une appréciation morale de plus en plus négative est sensible de paragraphe en paragraphe dans les Poésies. (I : 36) ne voit en « Racine le père » que le traducteur français du récit de Théramène d’*Euripide, ce qui l’aligne implicitement sur la posture critique, commune avec celle de son fils Louis, qui est la posture attendue du poète articulateur de textes. (I : 47) le prend pour borne extérieure de la liste des GTM (« Depuis Racine, la poésie n’a pas progressé d’un millimètre. Elle a reculé. » – « Après Racine le jeu moisit… » confirmera Rimbaud le 15 mai 1871) C’est encore plutôt comme repère, tel celui de Quinault (II : 82), que son nom reparaît (II : 37) :

Racine, Corneille, auraient été capables de composer les ouvrages de Descartes, de Malebranche, de Bacon. L’âme des premiers est une avec celle des derniers

Image idéalisée d’une époque où les philosophes, les poètes, en gardant le sentiment de leurs positions respectives, n’en communiaient que mieux dans l’unité du projet moral qui les animait. Cette unité s’est perdue avec *Voltaire, *Rousseau, qui accomplissent justement cette fusion du poète et du philosophe évitée jusqu’à eux : mais c’est au prix de la perte de l’unité du projet moral, de l’adoption de principes divergents (la brouille Voltaire-Rousseau n’est pas seulement une affaire personnelle, c’est une guerre de principes). Il n’y a désormais plus de gouvernail commun à la pensée : les philosophes, les poètes forment deux castes dont les liens s’espacent – et la disjonction, devenue désagrégation, s’étendra bientôt au sein de chacune d’entre elles comme méfiance définitive à l’endroit de la seconde. (II : 38) appelle Racine un auteur de *mélodrames (pour l’auteur de Racine et Shakespeare, ses « tragédies » faisaient dès 1826 figure de dialogues rimés). Si l’auteur de Poésies I déclarait renouer avec *Corneille et Racine, tout compte fait, l’angle philosophique de Poésies II force à constater que Racine, incapable de condenser ses tragédies dans des préceptes, reste enfermé dans un genre mineur, indécent, lâchons le mot : théâtral. C’est un pauvre. Sois heureux, ô spirituel Jean, et que, roman, le paradis de Delbée t’environne !

 

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