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Bourg-en-Bresse 1803 – Paris 1875.

Historien et germaniste, il fut en outre un philosophe anticlérical et un littérateur attentif à tout ce qui naît: produisant, au plus chaud du romantisme, une œuvre littéraire dans le genre épique, Ahasvérus (1833) – variations dialoguées sur le thème du Juif errant, où, selon Jacques Vier (l’un des rares au XXe siècle à avoir lu ce livre), « abondent les passages confondants ». Les trois personnages n’en sont pas, comme chez Lautréamont, l’homme, le Créateur et Maldoror, mais l’homme, Dieu et le monde. Or le monde, en dépit de Plenel, est un personnage peu photogénique ; il gagne, littérairement, à être représenté par son prince ou par une variante de celui-ci. Suivant un racontar, François *Ducasse aurait donné vers 1850, devant la bonne société de Montevideo, des conférences sur *Comte et sur Quinet. S’il y avait assisté, Isidore, non encore auto-intronisé auguste comte (dixit Sollers 1979) aurait pu y établir un premier contact avec un *cousin, sinon un père. Il est vraisemblable qu’il eut, enfant, l’occasion et la curiosité de parcourir Ahasvérus ; outre l’idée d’un genre rare au XIXe, les trois protagonistes (typés), et le thème de l’errance, qu’on retrouve sous la sandale lourde du héros des Chants, ce livre aurait pu donner au jeune poète l’idée de s’essayer lui-même à rédiger en scènes dialoguées (telles qu’il s’en trouve plusieurs dans le Chant premier, version 1868). Mais c’est à deux poèmes autres dramatiques d’un style voisin, Manfred (1817) et Konrad (paru à Paris la même année 1833), que Ducasse se réfère explicitement.

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