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Principe régulateur de la prose ducassienne: c’est la queue qui croit diriger toutes les évolutions, et la queue ne se trompe pas.

LA QUEUE NE SE TROMPE PAS !

voilà ce qu’il importe d’affirmer à haute et intelligible voix, typographiquement en capitales grasses qu’on centrera. De là à prétendre, comme tel penseur viennois, que la queue gouverne, il y a un pas, et à la dire infaillible, un second pas ; évitons-les tous deux, voulez-vous. Ducasse y insiste, la *morale finale de son œuvre reste suspendue (un peu comme le sens d’une phrase allemande avant le mot final) à une détermination ultime qui n’apparaîtra que plus tard, à la fin. Il écarte, d’un persuasif revers de sa main gantée, tout jugement partiel d’

une publication qui ne verra sa fin évidemment que plus tard, lorsque j’aurai vu la mienne. Ainsi donc, la morale de la fin n’est pas encore faite.

Cette insistance sur sa propre fin (anticipée seulement de quelques mois, nous le savons, mais lui qu’en savait-il ? Elohim l’en avertit-il, bien avant qu’elle survînt, par porteur spécial ?) comme condition de déchiffrement de sa publication est unique, et d’autant plus troublante que celui qui parle est jeune. Mais l’assertion ne serait rien si tout le texte ne respirait la même certitude anticipée. Le secret des Chants est inscrit dans une coda qui, l’auteur l’augure à bon droit, ne parviendra au lecteur que détachée du corps. Réciproquement

 
Il n’était pas naturel de se demander :
« Où est le poisson? Je ne vois que la queue qui remue… »

Les Poésies remuent si bien ceux qu’elles émeuvent qu’ils en oublient facilement le corps dont elles sont issues: mais ce corps, dont les Chants ne sont que la partie adjacente, existe encore. Faites la connexion Poésies + Chants + Littérature,

vous aurez le poisson entier, en parfait état de nage.

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