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C’est que le fou couronné aura dit la vérité sur la fidélité des quatorze poignards.

(VI, III)

Son maître lui demanda ce que faisaient les quatorze poignards. Il répondit qu’ils restaient fidèles et se tenaient prêts à tout événement, si c’était nécessaire.

(VI, VIII)

La mention dans le petit roman du Chant VI des « quatorze poignards » à la solde de Maldoror sous le contrôle d’Aghone paraît faire écho à celle des douze poignards, le plus absurde fleuron d’une fable forgée de toutes pièces par la police de Fouché, peu après l’attentat de la rue Saint-Nicaise, en vue de perdre, sous le chef d’une fictive conspiration contre le Premier Consul, quelques opposants républicains au nouveau régime. Selon cette fable, ces douze poignards auraient été distribués à des complices par le peintre babouviste Topino-Lebrun, qui sera guillotiné peu après, le 31 janvier 1801, avec trois amis aussi blancs que lui : « Les mains liées derrire le dos, il marche devant lui, comme s’il allait à l’échafaud, et, cependant, il n’est coupable d’aucun forfait. » Sur cette sombre affaire, lisez Alain Jouffroy, De l’individualisme révolutionnaire, pp. 264-298. Cette notation fugitive du Chant VI est, ce semble, la seule qui, sous le couvert d’une double fiction, apparente les activités de Maldoror à l’assassinat politique, le Dieu-criminel à Napoléon Bonaparte. Cela suffit pour ne pas s’étonner de retrouver ce rhino…, ce Corse plutôt, en mauvaise compagnie (I : 23).

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