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Paris 1790 – 1870.

Lorsqu’en avril 1870 paraît Poésies I, où Villemain est déclaré trente-quatre fois plus intelligent qu’Eugène Sue et Frédéric Soulié, ce vieillard est encore en vie ; oui , mais il mourra le 8 mai, tué par cet éloge combatif : non qu’il l’ait lu, je pense, mais le champ électromagnétique, parcouru de frissons intellectuels, n’est pas fait pour les *chiens. Dans Poésies II, paru en juin, son nom manque. Bien que ce couronnement sur la ligne de celui que Baudelaire (il est vrai en des notes intestines – or, par une alchimie étrange, le crachat de Baudelaire grandit tout ce qu’il vise) traîna dans la boue de sa bile, puisse paraître ironique, il s’accorde tout à fait au mépris du *roman affirmé par les Poésies, comme d’ailleurs avec le jugement de la plupart des romanciers qui avouent sans ambages que l’intelligence n’est pas la qualité prédominante dans les productions de leur genre (surtout en mode populaire) et que souvent ils rédigent en dormant. L’Académie française, dont, en sa qualité de secrétaire perpétuel, Villemain préfaça en 1835 la sixième édition du Dictionnaire, l’avait accueilli dès 1821. Son Cours de littérature française (1828) figurait dans la bibliothèque du lycée de Pau. Si l’on admet que Poésies I s’énonce, au départ, de la chaire d’Hinstin, il est naturel que Villemain, grand professeur d’éloquence, soit survalorisé par rapport aux anonymes professeurs de quatrième, de troisième et de seconde. (Sans doute Ducasse n’a rien su de l’homme Villemain, accablé depuis de longues années par une manie dépressive dont son confrère vert Hugo observe impartialement l’évolution dans ses notes privées.)

 

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