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Il est à parier qu’à l’instar de tous les héros non substituables de l’histoire du sens – Jésus-Christ, Isaac Newton, Immanuel Kant, Franz Schubert, Friedrich Nietzsche, Alfred Jarry, Jacques Noizet – Isidore Ducasse est mort vierge. Il ne s’agit pas seulement, cher Watson, d’une élémentaire précaution contre la faculté dissipative de la femme (par la grande langue de laquelle la postérité sait, pourvu qu’un homme en vue ait vécu avec elle les épisodes de la lubricité, bientôt tous les détails oiseux que la pudeur se garde de ne pas taire : longueur de la trique de Hugo et caractère répétitif de ses saillies, que Mallarmé puait, que St-Ex était tatoué, etc. – touches pittoresques ayant en commun d’éloigner à grande vitesse et bientôt définitivement, des lettres et de leur compréhension pure, cela pour la joie revendicative du porc, au groin taquin. Une seconde raison, tout aussi péremptoire, de la préférence des limpides à l’endroit de la masturbation, ou de la continence – faces adverses ou successives de l’autonomie virile, plus court chemin du sperme à son glas –, c’est qu’il existe entre la répétition périodique des gestes et le ronronnement subséquent des idées, germe de la prolifération des erreurs, une corrélation qui se vérifie assez vite en lisant Freud ou Joyce, pour ne citer que deux exemples parmi les non moindres. La chute d’un génie aussi éclatant que Hugo dans des erraillements alexandrinesques en forme de cône renversé, ou de tromblon pété, qui font se demander si c’est le même, est aussi éloquente que la multiplication des vers faibles dans les strophes de Byron. Suite, infaillible comme la syphe, le sida (oui-da), de la perte du sens dans les humidités récurrentes de la femme, dont la place est à mes pieds. Il faut se garder sans cesse des attendrissements, même supportables.

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