Étiquettes

, , , , , , ,

1824-1893. Romancier abondant, bien connu dans les milieux théâtraux du Second Empire. D’abord agent de change, époux durant deux ans (1853-55) de la célèbre comédienne Madeleine Brohant, il donna en 1857 à la Comédie Française une première pièce censée refléter leur aventure, La Fiammina, dont il avait d’abord proposé l’idée à *Gautier et qu’il finit, semble-t-il, par rédiger seul ; cette pièce connut un succès exceptionnel, au point de devancer le Barbier de Séville au sommet du palmarès de ce théâtre. Sur sa mine (« maigre et brun, mise anglaise, distingué, un joli œil plein de sourires et de caresses »), Goncourt voit d’abord en lui « un Scribe fils » avant de découvrir le pur imaginatif, le fou de poésie (né plus tard, certes Uchard eût lu Char) et le liseur accro : « Il lit en mangeant, il lit chez les femmes quand il couche, et il m’a avoué qu’il a lu dans son lit pour s’endormir la première nuit de ses noces. » Roland-François Lack, dans Poetics of the Pretext, tient cet homme sympathique pour le meilleur candidat au parrainat du Mario du troisième Chant :

Uchard était un ami de Baudelaire qui publia des articles sous le nom de Mario, et un roman de lui, Jean de Chazal, a fait l’objet d’une récension dans un numéro de la Revue des Deux Mondes (1er juillet 1868), le même où Ducasse a pu trouver la description d’expérience évoquée au Chant V, 1. Il y a par ailleurs, dans l’épisode (III, 1) où paraissent les cavaliers Maldoror et Mario, certaines réminiscences textuelles du tout début du roman d’Uchard Une Dernière passion (Paris, Michel Lévy, 1866). Le narrateur d’Uchard, Guillaume de Chandor («ce chevalier des nuages»), raconte comment son compagnon et lui revinrent par une nuit orageuse d’une chasse à l’isard (p. 1); évoquant cet orage : « le Maître éternel vous donne un merveilleux spectacle, me dit Frantz, il y a là tout un chant pour votre prochain poème » (p. 3). Le narrateur des Chants décrit « le spectacle de la meute livide des malheurs, poursuivant sans relâche, à travers les fondrières et les gouffres de l’abattement immense, les isards humains. » Certains détails incidents apparentent les deux textes, mais il semble difficile assigner à ce prétexte une fonction particulière dans les Chants.

Advertisements