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La signature *** du premier Chant de Maldoror dans sa version primitive de 1868 n’a peut-être pas été choisie sans référence byronienne ; Byron avait en effet publié ses premiers poèmes sous cet indice, d’ailleurs courant, de l’anonymat, et la chose avait fait l’objet d’ironies persistantes de la part de Scotch reviewers et d’autres. Cf. la note terminale de l’article nécrologique de Victor Hugo Sur George Byron, Lord Byron de la Muse Française (1824) :

Quelques jours après la nouvelle de la mort de lord Byron, on représentait encore à je ne sais quel théâtre du boulevard, je ne sais quelle facétie de mauvais ton et de mauvais goût, où le noble poëte est personnellement mis en scène sous le nom ridicule de lord Trois-Etoiles

« Trois étoiles au lieu d’une signature, s’écrie Mervyvn ; et une tâche de sang au bas de la page ! » Telles sont en effet, manifestement, les parenthèses ouvrantes et fermantes du corpus ducassien ; encore, n’est-il pas exactement prouvé que la double tache qui s’observe sur la dernière page de l’exemplaire, longtemps unique, de Poésies II (sans altérer cependant grièvement la lisibilité de la maxime 154 qu’elle endeuille) soit du sang – ni que ce soit exprès qu’elle imite l’homme au lèvres de jaspe et fait une grimace tourmentée. J’appelle grimace dans les taches ce qui porte le même nom dans l’humanité ! Plût au ciel que ce ne soit pas une tache de sang intellectuelle !

 

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