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The titled child, whose future breath may raise,
View ducal errors with indulgent eyes.

Lord Byron, To the Duke of Dorset.

Ceux qui, écartant le patronymique « Duc-As », préfèrent écrire « le comte de Lautréamont », ne comprennent pas moins bien les Chants, les Poésies, la poésie en général, que ceux qui prétendent, en haussant le ton, s’arroger sur la foi d’un patronyme – ducal plutôt que comtal – l’exclusivité de la compréhension du duché-comté en question. Ayez la bonté d’observer ceci, mes amis : celui qui ne respecte rien hormis la performativité des lettres se réserve la grâce d’appliquer, s’il lui plaît, cette force aux syllabes signant ses livres. Détournement de titre ? Eh ! qu’est-ce donc pour vous que la littérature? Est-ce que Racine se fait faute de prendre un titre à Sophocle ou à Euripide? Stipulés au Gotha (qui est le Gault & Millaud des aristochats), un vicomte, un comte, un marquis, un baron sont tels en vertu du sang : entendez par la filière descendante d’un bon chien de garde ou de chasse, fameux tueur ou grand lécheur aux basques de quelque empereur ou roy, abandonné depuis des siècles à l’érudition d’historiens ; – ou parce qu’un homme acquitta le prix d’une terre au nom sonore. C’est peu. – Noblion de glèbe et de sang, valet des princes, domestique couchant, ta noblesse pâteuse permet aux domestiques de se compter, en te reconnaissant ! – Seule vaillante en poésie, l’aristocratie des lettres en revanche opère par auto-proclamation sans fard. Elle suit de l’assomption d’un livre dont la magnificence ose, hors du souci des règles d’usage en valetaille, nommer son auteur, fort de soi seul, d’un titre plein. Ainsi procéda Lautréamont.

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