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Cette revue littéraire, etc. (depuis prolongée sous le titre L’Infini) a fait florès dans les années 1960-70, battant le branle du seul mouvement qui ait en France, depuis l’âge surréaliste, rappelé les « écoles littéraires » de jadis. À l’instar d’André Breton, de Jean-Paul II, Philippe Sollers, qui en fut l’axe, s’appliqua à sanctifier, au titre de modèles tutélaires de prestige, une liste de défunts (Lautréamont, Roussel, Artaud, Bataille, Sade…) d’une œcuménisation d’ailleurs impossible. La conciliation de divers poètes dans un même goût ne les a jamais rendus solidaires d’une théorie littéraire d’ensemble. Après le Lautréamont de Pleynet (1967) et La science de Lautréamont de Sollers (1967), le seul texte d’importance paru sur ce thème sous le label Tel Quel fut, de Julia Kristeva, La Révolution du langage poétique (sous-titre : L’AVANT-GARDE À LA FIN DU XIXe SIÈCLE : LAUTRÉAMONT et MALLARMÉ, 1976). De ce pavé, toilette des morts d’une supposée avant-garde défunte, ne se dégage pas le sentiment que Kristeva et ses amis aient, quant à eux, grand-chose à faire de solide sur la base de ce qu’ils honorent. Nulle part n’est stipulé l’enjeu qui exclut toute conciliation entre Ducasse et Mallarmé, cerné le lieu contemporain d’une guerre toujours vivace entre les tenants universalistes de la poésie par tous et le dernier carré des suppôts du dogme crypté. Les « modernes », telquéliens ou autres, n’auraient plus, si j’interprète bien ce silence, à livrer que des combats d’arrière-garde. De là à réduire la morale à une affaire de goût… il ne manque que la démonstration de ce qui s’entend par un goût exhaussé qualité centrale et résumante.

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