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Vouziers 1828 – Paris 1893.

Prédécesseur de Marcelin Pleynet à la chaire de philosophie de l’art de l’École des Beaux-Arts de Paris. (II : 37) salue son traité De l’intelligence, copieux ouvrage en deux volumes paru, moins de deux mois plus tôt, en avril 1870, en même temps que le frêle fascicule Poésies I. Salut mesuré : comme presque tous les littérateurs du temps (même *Lamartine, même *Hugo), Taine, ne possède – Isidore Ducasse l’avoue avec une peine sincère (un pleur luit au fond de l’orbite obscure) – que des *facultés secondaires. Les ouvrages de Taine n’en sont que moins intimidants, et l’on peut encore parcourir avec fruit, par exemple, son Histoire de la littérature anglaise, dont les six volumes, parus à partir de 1864, sont pleins d’observations utiles et agréables, qu’on ne lit guère ailleurs : ainsi sur *Milton et son couple d’*Adam et Ève, où le père de Thomas Graindorge démasque le type du couple victorien, aux propos compendieux (*Mervyn, Abel exopropulsé, aurait dû se méfier). L’étoile Taine grandira jusqu’au symbole, mais sans lui échauffer la tête : « Taine, en prenant de l’âge, devient de plus en plus le philosophe pratique par excellence » (Goncourt, 12/4/1876) Péguy, plus théologien, notera que l’interprétation tainienne suppose qu’on ait saisi le secret de fabriquer le génie, que Taine usurpe sur la création même, entreprend sur Dieu créateur.

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