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Dans le conseil fameux de Poésies I : « Oui, bonnes gens, c’est moi qui vous ordonne de brûler, sur une pelle, rougie au feu, avec un peu de sucre jaune, le canard du doute, aux lèvres de vermouth, qui, répandant, dans une lutte mélancolique entre le bien et le mal, des larmes qui ne viennent pas du cœur, sans machine pneumatique, fait, partout, le vide universel », la présence du sucre jaune sur une pelle brûlante a attendu JP Goldenstein (Histoires Littéraires n° 14, p. 191) pour s’éclairer de la remarque, tirée du grand Larousse du XIXe, qu’en ce siècle sans sprays l’habitude était, pour désinfecter l’atmosphère au moins quant à l’odeur, de procéder à cette sorte de fumigation. Le jaune n’est requis que si l’on souhaite en prime un bon fumet de caramel (recette due à JP Lassalle, [CL 27-28, p. 95]). Fleure ici comme un relent de rancune envers l’immolé caramel (Maldoror, ironique, lui préfère l’arsénic), mais c’est bien sûr au *doute (trempé en canard à l’instar d’un sucre dans le maté – ou le vermouth) que s’adresse l’accusation de puer. André Breton, sans doute, n’ignorait point ces détails, et c’est pourquoi il intitula Sucre jaune sa réponse hygiénique à tel malodorant article de Camus.

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