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Field Place, Horsham (Sussex) 1792 – En mer, au large de Viareggio 1822.

Poète, auteur d’une œuvre multiforme et libertaire, animée d’un idéalisme qui s’exprime parfois en formules quasi mathématiques. Etudiant, Shelley avait été chassé d’Oxford pour avoir refusé de renier son essai La Nécessité de l’athéisme dont le thème inspire encore son poème La Reine Mab (1813). Après le *suicide par noyade de sa première épouse Harriett, il épousa Mary Godwin (1797-1751), génial auteur de *Frankenstein ; c’était en 1816, année où il devint l’ami de *Byron, qui le tint vite pour le plus doué de son groupe. Une décision de justice lui ayant ôté la garde des enfants de son premier lit, il quitta l’Angleterre en 1818 avec ceux du second pour émigrer en Italie, pays élu tant pour raison d’économie – Shelley devait faire face à beaucoup d’obligations –, que pour raison de santé (il était peut-être poitrinaire). Ses quatre dernières années, poétiquement les plus fécondes, consacrent l’iconoclaste comme le plus grand musicien du verbe, le lyrique par excellence, l’Orphée des lettres anglaises. Il voit encore mourir deux de ses enfants, Clara et William, en 1818 et 1819 (Percy, né en 1819, survit seul), avant de périr lui-même dans le naufrage de son petit bateau le Don Juan. Son corps, retrouvé sur la plage, y fut incinéré devant Byron. Carlyle accuse Shelley de confondre toujours force et violence : « On dirait ses livres écrits par un spectre qui, hurlant dans la nuit des lamentations sans fin, ne peut ni s’aider lui-même ni secourir les autres. » Isidore Ducasse ne le nomme nulle part, mais il l’a sûrement lu et selon *Lespès « savouré », car, ajoute ce juge – seul homme qui au XXe siècle ait répercuté un écho de la voix, selon lui « aigrelette », du Montévidéen – « Ducasse parlait bien l’anglais ». ® Prométhée.

 

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