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Straford-sur-Avon 1564 – Londres 1616.

Munie du paternel viatique William Shakespeare (une préface de 400 pages), c’est en 1864, pour le quatre centième anniversaire de la naissance de Shakespeare, que la traduction par F.-V. Hugo de ses trente-six pièces parut chez *Lacroix. On peut du reste penser qu’Isidore Ducasse, lisant l’anglais (*Lespès l’atteste), a lu Shakespeare dans l’original, seul moyen de malaxer son verbe avec l’énergie que suggère (II : 7) :

Chaque fois que j’ai lu Shakspeare*, il m’a semblé que je déchiquète la cervelle d’un jaguar.

*La graphie Shakspeare est courante au XIXe siècle.

Réflexion à conférer avec celle de Paul *Valéry :

[Shakespeare] veut l’effet : c’est-à-dire que tous les moyens lui sont bons. […] Il est donc effroyablement moderne. Ni l’absurde, ni le contradictoire, ni l’excessif, ni l’incohérent ne l’épouvantent (Cahiers, Pléiade II, p. 1185).

Valéry note par ailleurs :

Shakespeare. Grand lecteur – peut-être le premier à utiliser au théâtre de vastes lectures plus ou moins désordonnées (ibid., p. 1170).

Déjà Thomas Nashe, contemporain peut-être jaloux de la peu résistible ascension du grand Will, écrivait dans Le voyageur malchanceux (1594) : « Si Shakespeare s’est élevé si vite, c’est qu’il nous a tous plagiés. » Ainsi la technique du *plagiat comme embrayeur littéraire a lieu de revendiquer les précédents les plus illustres : mais aucun littérateur avant Ducasse n’avait eu le culot d’entreprendre de la systématiser (même aujourd’hui cette pratique souveraine est loin de s’opérer dans la lumière, la franchise et l’humour souhaitables). – Mise à part la mention nominale unique de (II : 7), on relève dans les Poésies une référence à Othello [(I : 23) nomme son acolyte Iago] et dans (1, 11) une réminiscence évidente de la scène du fossoyeur de Hamlet.

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