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La mythologie romantique du XIXe siècle, avec le renouveau romanesque qui la manifeste, prend sa source dans trois modes de l’imaginaire anglo-saxon : le roman noir, le roman historique de Walter *Scott et le roman d’aventures à la Fenimore *Cooper. Caillois en particulier a signalé comment le mythe de la ville tentaculaire (Londres, Paris) transpose en civilisation les mœurs sauvages de la prairie, un libéralisme de façade venant masquer une simple évolution vers plus d’hypocrisie de la guerre des tribus et des espèces. Les Treize de *Balzac, les Mohicans de Paris de *Dumas sont des exemples de cette injection de  » sauvagerie  » dans la ville moderne. Modèle littéraire, on peut écrire que le sauvage ici donne des leçons au poète du monde « civilisé » (VI, 2). L’histoire à malheureusement confirmé la vocation barbare de ce qui s’intitule civilisation et combien Fourier avait raison d’opposer à ce terme, pour lui synonyme de sauvagerie, celui d’harmonie, impliquant une recherche systématique de l’accord local au niveau des personnes et des passions. – Dans son article $$, Jean-Pierre Lassalle juge rare l’expression « sauvage civilisé ». À la dernière ligne de la page 49 de Qu’en pensez-vous ? de *Hix – livre signalé par lui à notre attention –, on lit cependant cette courte maxime : Le sauvage civilisé est le plus féroce de tous. L’avisant (une page avant la formule sur les professeurs de billard), le père de Maldoror n’a pu qu’en tirer leçon.

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