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1831-1908. Auteur dramatique français, nommé (I : 38) comme huitième exemple du « lyrisme moderne ». Quand Ducasse l’ajuste, Sardou, qui n’a que trente-neuf ans, est loin d’avoir atteint l’apogée de sa célébrité. Nul n’a été accusé d’autant de plagiats, stipule Roland de Chaudenay au Dictionnaire des plagiaires. Publiant en 1882 Mes plagiats, Sardou s’y défend prolixement contre ses critiques. Selon lui « la propriété littéraire réside dans la forme particulière que l’artiste ou l’écrivain ont su donner à une idée générale. […] La propriété littéraire est une question de forme. » Ce principe très classique diffère de la version qu’en donne Ducasse 1° en ce que Ducasse ne l’émet pas en réponse (dans une défense), mais en attaque, en tant qu’un énoncé de principe a priori, et 2° en ce qu’il s’agit pour lui d’une méthode de composition orientée, à l’instar de l’écriture des *lois scientifiques, par la volonté de progrès, le souci de produire des effets poétiques inouïs (ce qui ne veut pas dire chercher la singularité pour elle-même : chez Ducasse le projet littéraire est toujours asservi à la morale et à l’humour, chez lui vections indiscernables). Fidèle à son parti de « cynisme » (non pour provoquer, mais pour servir d’exemple), Ducasse plagie à ciel ouvert : Moi, je veux montrer mes qualités ; mais, je ne suis pas assez hypocrite pour cacher mes vices ! (À supposer que plagier soit un vice.) Ainsi, donc, l’hypocrisie sera chassée carrément de ma demeure. Il y aura, dans mes chants, une preuve imposante de puissance, pour mépriser ainsi les opinions reçues. Mais la pratique du plagiat, quelque extension qu’on donne à ce mot, et quelque valeur qu’on accorde à cette pratique, ne va pas seulement contre l’opinion, elle ébranle les principes les plus stables de l’économie littéraire, ceux en vertu desquels toute paire mérite sa laine, et d’abord celle formée par la vanité et le travail des auteurs. Il est à cet égard significatif que, bien loin de rapporter un simple sou à Ducasse, toutes ses entreprises littéraires se soient faites à compte d’auteur, et que les Poésies se présentent comme une publication permanente qui n’a pas de prix, chacun ne donnant que ce qu’il veut.

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