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Le couple formé d’un homme et d’un jeune garçon porteur d’un sac contenant une corde était familier au Moyen Âge. Son arrivée sur une place publique annonçait le magique spectacle suivant :

L’homme commence par sortir la corde du sac ; sur son ordre elle se dresse ; le garçon y grimpe jusqu’à sembler disparaître dans un nuage ; on voit alors ses membres détachés tomber, un à un, du ciel. Finalement, l’homme rouvre le sac et le garçon en sort, souriant et frais.

Bien qu’un peu passé de mode, ce tour étonne toujours. Le lecteur peut vérifier la redistribution *anagrammatique des éléments qui y interviennent dans la strophe finale du Chant VI, où l’on voit l’adolescent *Mervyn se propager horizontalement (sa corde le suivant telle la queue d’une comète) à la rencontre le Panthéon : la botte éculée, la queue de poisson munie d’ailes d’albatros, le crabe tourteau voué à renaître de ses atomes résolus, le coq fendeur, sans renier le style *bateleur et le caractère hypnotique déclaré de la scène, tout cela, qui sera incriminé (I : 46) au titre des jongleries relatives et de contorsions contingentes, se retrouve et se justifie dans cette strophe terminale moyennant la rotation d’un quart de tour gouvernée par l’opérateur *imaginaire.

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