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Quedlinburg 1724 – Hambourg 1803. Poète épique, lyrique et dramatique, son œuvre inaugure la période romantique en Allemagne et son affranchissement des influences française et anglaise. Ardent luthérien, animé par les exemples d’*Young et de *Milton, il fit la Messiade, première épopée en langue allemande. Publié entre 1748 et 1773, ce poème hexamétrique, sentimental et religieux en vingt chants corrige, a-t-on pu dire, Paradise Lost « dans le sens de l’espoir » : l’Anglais chantait la chute de l’homme, l’Allemand se tourne résolument vers son salut. Plusieurs drames illustrent par ailleurs l’ambition de créer un théâtre national : La Mort d’Adam (1757), Salomon (1764) David (1772) et le cycle d’Hermann (1769-1787), où il exalte la fierté du peuple allemand et apparente son génie au grec (thème qui fera florès jusqu’à Heidegger). Très influent sur la génération de *Goethe, son étude de l’Edda initia un retour aux sources nordiques – mais, dit Nietzsche, nul ne prit au sérieux son essai La République allemande des savants. Lichtenberg le nomme (en compagnie de Lavater) comme promoteur d’un

« vain babil qui, par la nouveauté de l’expression et l’inattendu des métaphores, feint la profondeur. […] Comme blague, passe encore. Pris au sérieux, c’est insupportable. ».

D’abord partisan de la Révolution française qui le nomma citoyen d’honneur, Klopstock s’en écarta ensuite et apporta son écot à l’héroïsation de Charlotte *Corday (Mon erreur, 1793). Son influence pâlit avec la montée des classiques de Weimar, Goethe et de Schiller.

 

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