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Vu l’importance de *Pascal dans les sources ducassiennes, il est indiqué de se demander quelle attitude adopte (au moins virtuellement) Ducasse dans la spirituelle querelle – son principe demeure – qui fait la base des Provinciales. C’est ici que la retrouvaille d’une dissertation de l’élève du lycée de Pau aurait son prix – encore que (I : 49) réprouve explicitement le fait de « pencher la tête d’un lycéen sur des questions qui, faute d’avoir été comprises, ont fait perdre la leur à des hommes tels que Pascal et Byron ». Entre un jésuite soucieux de moduler sa phrase en fonction des réalités locales et un janséniste optant pour le point de vue de Dieu quoi qu’il en coûte à la chair et à l’esprit – entre les sinuosités chapelinesques, mais conquérantes, du premier et les croix orthogonales du second, où situer l’angle actif de cette *géométrie par excellence que Ducasse appelle poésie ? Dans l’*imaginaire, bien entendu : sans nier le prix des positions respectives de ces catholiques en zizanie, nous sommes en mesure, par la *pataphysique ou telle autre science apparentée, de dresser entre elles le poteau indicateur d’un parti tiers, moyennant quoi nous accorderons au jésuite que la souplesse de sa lecture est une qualité (pourvu qu’il n’y mêle pas de psychologie) et au janséniste que la lettre des écrits directeurs doit, comme il le soutient, être prise au pied (au pied, *Sultan !). Il suffit pour cela de poser que les écrits de référence – les saintes Écritures, comme ils s’écrient – sont d’une plume assez vigilante et d’une conception assez subtile pour que leur interprétation admette, et même requière, une pondération des sens au jour de la valeur de *vérité imaginaire. En dépit de la qualité toujours discutable des *traductions (posons que nous ne savons ni le grec ni l’hébreu), nous sommes sensibles, à peine moins que dans les Poésies, au caractère localement ouvert de propos que nous ne saurions entendre à moins d’y ajouter quelque sel de notre cru. Si cette procédure d’adjonction systématique est ou non apparentée à l’adjonction de la foi, réclamée pour des textes du même tonneau, il ne m’appartient pas d’en juger : disons seulement que, du point de vue du lettré, la foi est une épice dont il importe d’avoir toujours une réserve suffisante ; mais, je recommande surtout de ne la moudre qu’en grains assez gros pour pouvoir, le cas échéant, être ôtés des mets au moyen de précelles adéquates. Que de proses irrémédiablement gâtées, par l’adjonction immodérée d’une foi pulvérulente ! (Pourtant, même de telles proses poudrées sont quelquefois récupérables par *correction ducassienne (ou *PZ)).

 

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