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Marseille 1878 – Lutry 1949. Romancier et critique proche du Mercure, ce Provencal est du peloton de tête des commentateurs non nuls de Lautréamont, dont il préfaça en 1938 l’édition José Corti des Chants de Maldoror. Comme celle de Larbaud, son ouverture est d’un cosmopolite. Jaloux passa ses dix dernières années en Suisse – pays dont Isidore Ducasse (dans sa phrase sur Naville) écrit, non sans esprit, qu’il en augure, comme de la Belgique, plus d’ouverture que de la France. Jaloux pose bien la question des sources:

Cet homme dont nous ne savons presque rien a exprimé une vision du monde presque autonome. Ce n’est pas qu’il soit difficile d’établir ici la critique des sources […] ; elles sont nombreuses ; elles sont indubitables. Mais les sources prouvent simplement que l’auteur a connu ses antécédents, et qu’il y a puisé une partie de son inspiration. Elles n’expliquent pas pourquoi il en a fait cela, et pas autre chose. Or, c’est le problème essentiel. Nous savons parfaitement que Racine a pris Iphigénie et Phèdre à Euripide, qui les a lui-même tirées de la mythologie nationale. Cela n’élucide en rien le génie de Racine, cela ne nous dit pas pourquoi son Iphigénie et sa Phèdre sont à ce point différentes de celles d’Euripide.

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