Étiquettes

, , ,

Ceux qui nient la réalité de l’inspiration ne font que se rendre justice ; ou plutôt, je crois qu’ils craignent de se fier à un principe auquel ils associent les épithètes occulte, irrationnel, suspect. Celui qui accepte l’inspiration comme une simple donnée, ni plus ni moins mystérieuse que le sens de la vue ou celui de l’humour, juge qu’il s’en trouve bien. Un sentiment de confiance épanouit ses attitudes, assouplit ses gestes. Il accueille avec bonté les idées qui lui viennent, sans chercher à pénétrer les voies qu’elles ont empruntées. Si une idée qui le charmait le quitte, il ne s’en soucie pas : il se dit que, si elle est bonne, elle reviendra à son tour, juste à la bonne heure. Il accepte en tout un finalisme impayable, aux termes duquel «l’auteur» sert de canal expressif à une puissance, à une intelligence sans commune mesure avec ce qu’il pourrait mobiliser si un curieux l’en pressait. L’idée que je suis prophète ne m’impressionne pas. Elle m’amuse, me fait rire aux éclats. Mon dogmatisme n’en est que plus savoureux – Que dis-je ? Sapiential ! « Moi, aussi, je suis savant ».

Advertisements