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Si nous voulons louer nos amis, nous devons les louer pour leurs qualités réelles et non pour d’imaginaires. J’ai lu quelquefois que les Chants de Maldoror sont d’une imagination délirante (ou débordante). Si l’imagination est la faculté de raisonner sur des images qui se produisent spontanément, s’enchaînent les unes aux autres au mépris, souvent, de la cohérence de surface, tel n’est pas du tout le caractère prédominant qui ressort des proses d’Isidore Ducasse, bien qu’il soit avéré qu’elles commencent souvent par dérouter « ceux qui sont imbus de préjugés ou d’idées fausses, ce qui est la même chose ». Quelle que soit notre estime pour cette (*Baudelaire dixit) «reine des facultés», elle doit avouer son impuissance à produire des combinaisons qui excèdent un rayon fini, si bien que c’est lorsqu’elle se débride et se croit la plus libre qu’elle entre dans les automatismes les moins faits pour satisfaire une intelligence exigeante. C’est qu’il n’est pas facile d’éclairer la volonté sur la valeur de l’angle q qu’il est souhaitable qu’elle affecte au vecteur-force déterminant la surface conforme au bon sens des productions imaginaires.

                       Imagination

C’est au contraire dans le cadre d’une imagination raisonnée à la sortie – entendez que la raison s’applique a posteriori aux extrants d’une banque d’images quelconque – que s’exerce la méthode ducassienne. La suite dans les idées – où Oscar Wilde ne consentait à voir que la dernière ressource des gens sans imagination –, s’emparant du gouvernail de la régulation poétique, fait du théâtre des fièvres la base d’un métabolisme heureux.

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