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Tout ce qui, dans le langage, marque l’incidence de la mise en scène, de la mise en page. – Dans la lignée de l’umour de Jacques Vaché, André *Breton a formé, pour marquer un certain partage, le vocable d’humour noir, dont la notion exacte a peu à voir avec ce qui s’est propagé depuis sous ce nom. Breton n’en donne qu’une définition implicite, par la collection des textes dont il forme anthologie ; Freud, qu’il cite, n’a rien de plus à en dire : la psychologie (même ornée du préfixe méta) est étrangère au problème. La clé en est le parti d’accentuer, en l’articulant, l’opposition des deux aspects fondamentaux, conscienciel et marionnettique, de notre condition. Cette opposition est plus ou moins ramifiée suivant que, dans l’aspect C, l’aspect M évoqué contient lui-même un aspect C, qui, etc. C’est l’approche élémentaire des *degrés d’humour, où un effet de moire sous une lumière rasante intrigue le lecteur curieux. Bergson évoquant l’opposition du mécanique et du vivant marque une bonne direction d’analyse, mais négligeant la diversification interne du processus, il se borne aux effets du premier degré, cause du rire bidasse, si clairet qu’on l’appelle claironnant. La superposition de plusieurs degrés d’humour permet en revanche d’obtenir un obscurcissement sémantique progressif, conscient duquel Isidore Ducasse put se dire philosophe *incompréhensibiliste ; à la limite, on obtient un humour du plus *beau noir, celui de l’encre de Chine Winsor & Newton. Cette marche réglée vers l’obscurité avait frappé *Breton ; ce fut justement ce qui lui fit élir l’heureuse épithète noir pour qualifier l’aboutissement de ce mode d’humour *métaphysique, qui semble d’abord incompatible avec la « clarté française », mais ne l’est pas avec la *mathématique, en tant que celle-ci donne les instruments précis qui permettent de suivre le détail du processus et même de l’anticiper. Le *théorème n’est-il pas *railleur de sa nature ?

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