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Mythique auteur des deux premières épopées du monde occidental. En 1977, Jean-Jacques Lefrère, a retrouvé à *Bazet, dans la grange de Marc *Guinle un volume des Obras de Homero portant la marque de Ducasse (le tome II de l’Iliade, dans la traduction espagnole de José *Hermosilla). On a ainsi le témoignage d’une lecture probable de L’Iliade dans cette langue par Ducasse dès avril 1863, cinq mois avant son entrée dans la classe de rhétorique de Gustave *Hinstin, helléniste distingué. 1864 vit l’Iliade travestie en Belle Hélène, dérision offenbachique du « retour à l’antique » orchestré par les Parnassiens. 1867 date la parution de deux nouvelles traductions de l’Odyssée, celle de Pierre Maspéro et celle de Leconte de Lisle. Ces textes (particulièrement le second) valent comme les plus récents exemples d’une écriture épique adaptée à la prose française à l’heure où Ducasse se prépare à produire Les Chants de Maldoror. La seule mention nominale d’Homère dans les Poésies (II : 35) met son poème au rang des épopées caduques et des odes aventurées :

[…] Nous sommes loin des Homère, des Virgile, des Klopstock, des Camoëns, des imaginations émancipées, des fabricateurs d’odes, des marchands d’épigrammes contre la divinité. […]

Sans nécessairement accuser ceux-là d’avoir négligé la portée pratique, voire civilisationnelle de leur œuvre (la critique de Ducasse n’a rien d’historique), sa remarque peut viser l’incertitude pédagogique, à l’heure où il écrit, de la lecture de textes dont la plus grande partie de l’intertexte échappe au lecteur non spécialiste ; incertitude presque égale à celle qui accompagne l’étude des blasphèmes de Byron, de Musset, etc.

 

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