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Je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial la trouve complète. (II : 42)

Qui attend peu de la vie la reçoit comme un cadeau plutôt que comme un mérite qu’il se serait acquis. Nous l’appelons : philosophe. Nietzsche (Aurore, § 482).

Dans le cadre d’une philosophie libérale de la poésie, que devient la querelle qui, d’Augustin aux jansénistes et au-delà, se perpétua sous le fanion problématique de la grâce ? Sainte-Beuve, qui dans Port-Royal la dérive d’une opposition théologique entre les partisans du Fils et ceux du Père, suggère le schéma suivant :

Morale

où l’on voit les partisans d’une grâce nulle, d’un libre-arbitre entier, se regrouper à gauche dans le sentiment pélagien de la conciliabilité de la terre et des cieux sous la paternelle houlette de la Loi aimable. C’est vers ce côté, visiblement, que vire le calame des Poésies. Mais, c’est qu’il procède de la droite, où il s’écarte à pas comptés de Pascal : si bien qu’il se situe en fait à la charnière du diptyque, au point où une grâce non nulle se complaît à la source de l’existence, là même où le moi non contrarié, non gonflé, jouit libéralement de sa faculté de disposer de la forme des lois, qui en est la part ludique, non oppressive, oxygénante, tout en se gardant d’en altérer l’essentielle teneur, substance des premiers principes. C’est ainsi qu’un esprit habile, et qui ne se vante pas, emploie, pour atteindre à ses fins, les moyens mêmes qui paraîtraient d’abord y porter un invincible obstacle.

 

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