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1829-1924+. Troisième éditeur/imprimeur – après *Lacroix et *Rozez – des six Chants de Maldoror (1890, trois cents exemplaires). D’origine belge, ce « condottiere de l’édition » sis à Paris rue Saint-Benoît est aussi l’initiateur des recherches biographiques sur Ducasse : il recueillit probablement le témoignage d’Antoine *Milleret ; certainement celui d’Albert *Lacroix, qui en 1890 possédait encore le manuscrit des Chants de Maldoror et le lui montra ; celui de Raymond *Dosseur, qui lui communiqua le dossier Ducasse à la banque *Darasse dont sont extraites les deux lettres d’Isidore au banquier, dont il imprima les textes pour la première fois en complément de son édition (le premier partiel, le second entier, en fac-similé) ; enfin il soumit la seconde, celle du 12 mars 1870, à un graphologue qui démantela la thèse de la folie du scripteur qu’il jugea, sans avoir lu ses Chants, bien entendu, avoir pu œuvrer aussi bien en scientifique qu’en artiste (cela n’empêcherait pas la thèse de la folie de revenir plus souvent qu’à son tour.) – Placés sous le signe de Paon, les démêlés des deux Léons, *Bloy et Je-Non-Sot, le Sot voulant profiter de l’occasion éditoriale fournie par le Nonce O pour développer devant l’univers sa propre vision cabanéo-prométhéenne du poète camisolé, inaugurent lapidairement l’ére radieuse, mais féconde en salive et encre gaspillées, des frictions inter-ducassiennes. L’année suivante, Genonceaux publia des inédits de Rimbaud, ironiquement ornés par lui de l’intitulé coppéen « Le Reliquaire » et nantis d’une préface acide de Rodolphe Darzens, qui avait retrouvé divers poèmes crus perdus de l’homme aux semelles de van. On croit pouvoir attribuer à Genonceaux Le Tutu, curieux roman signé « Sapho » où Maldoror est cité d’abondance. Forcé de rentrer en Belgique en 1891, on perd sa trace après 1904, mais on sait qu’il vécut quasi centenaire : il put donc avoir vent des rééditions à La Sirène, savoir que son travail de défricheur n’avait pas été vain. Selon Maurice Saillet, il aurait, comme Lacroix, laissé des mémoires manuscrites. Ni les unes ni les autres n’ont été retrouvées.

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