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1811-1872. Poète, romancier, critique littéraire et artistique français. « Écrivassier funeste » N° 9 et GTM N° 8 ; totem : l’IncomparableÉpicier. Jean-Luc Steinmetz relève judicieusement dans ce totem une allusion plausible à un passage de L’art romantique de Baudelaire (articles réunis en 1868) : « Le condiment que Théophile Gautier jette dans ses œuvres, qui, pour les amateurs de l’art, est du choix le plus exquis et du sel le plus ardent, n’a que peu ou point d’action sur la foule. » Romantique flamboyant en 1830, déjà railleur dans son recueil Les Jeune-France (1833), Gautier devient avec la préface de Mademoiselle de Maupin (1836) le flambeau de l’art pour l’art (ennemi de l’utile, dont son maître et ami Hugo se réclamera avec toujours plus de force) avant d’incarner avec Émaux et Camées (1852) le « poète impeccable » vanté par Baudelaire et les parnassiens. Il produit d’ailleurs force romans (une soixantaine, dont Le Capitaine Fracasse reste le plus cinématographié). Né par hasard à Tarbes, son nom devait échoir en 1914 au lycée local. Lespès dit se souvenir avoir vu son poème Albertus entre les mains d’Isidore Ducasse. Autant que dans sa poésie bijoutière, Gautier gardait son flegme dans ses prestations érotiques : « Je pourrais faire des mathématiques ! » (Goncourt, Journal) ; préférant les filles impubères, il pestait de « ne pouvoir satisfaire ce goût à cause des sergents de ville » (ibid. 18/1/1864). Du critique pictural, la petite histoire a retenu un assassinat de l’Olympia de Manet.

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