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1808-1876.

Cinquième exemple du « lyrisme moderne » (I : 38). Publiciste excentrique et philogyne, auteur de La sataniade du spirito-satanisme, archidrame spiriticide en cinq éclats infernaux (brochure de 8 pages, 1868). Il « fit surtout parler de lui au moment des élections de 1869 en convoquant ses partisans au pied de l’Obélisque avec des *parapluies ouverts et en proposant, pendant le siège de 1870, de faire manger à la population les vieillards de plus de soixante ans » [Caradec]. Concerné dans sa chair, il se disait prêt à se sacrifier. L’esprit de Gagne règne sur le quatrain suivant de Victor *Hugo qui, rentré à Paris le 5 septembre 1870, put l’écrire après avoir dévoré un steak d’éléphant :

Je lègue au pays, non ma cendre,
Mais mon bifteck, morceau de roi.
Belles, si vous mangez de moi,
Vous verrez combien je suis tendre

Hugo ne vantait pas sa marchandise : Stapfer écrivait de lui en 1867 : « Il est frais, il est rose, il faudra l’assommer. » Vu les lieux et les dates, on déduirait à tort de la qualité de vieillard imputée le 22 mai 1869 par Ducasse à son père, sexagénaire depuis 70 jours, quelque sous-entendu paternophage : à moins que Gagne n’ait auparavant laissé percer quelque chose de cette idée swiftienne? Parmi ses ouvrages antérieurs : Le Suicide (3000 vers, 1841), Voyage de Napoléon suivi de L’Unitéide (1852), Histoire des miracles (1860).

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