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Pluriel d’Eloha, ce mot hébreu est dans la Bible l’appellation la plus fréquente de *Dieu. Isidore Ducasse ne l’emploie que dans Poésies II (12 occurrences), où il remplace Dieu, terme encore usité dans Poésies I (4 occurrences) concurremment avec le Créateur (2 occurrences). Cette substitution lève l’ambiguïté qui plane avec le nom trop répandu de « Dieu », commun à la plupart des religions, des mythologies, quand les Poésies n’ont trait qu’à la figure de Dieu qui s’est répandue en Occident à partir des interprétations judaïques et chrétiennes de la Bible. Pour mémoire, on peut rappeler que le poème Eloa de Vigny peut avoir un écho railleur dans l’épisode du cheveu et que le nom d’Élohim (sic) se lit plusieurs fois dans les Poèmes Barbares de *Leconte de Lisle, parus en 1865 chez Lemerre, en particulier dans le poème Qaïn qui ouvre ce recueil (Leconte affectionne les noms et les graphies bizarres). Notons enfin que, dans la deuxième livraison des Parfums de l’âme où reparut début 1869 le premier Chant de Maldoror, figure à la page 181 sous la signature O’Park un poème intitulé Élohim. (L’original des Poésies n’accentue la majuscule initiale qu’une seule fois, II:108 ; l’accent aigu est sans justification linguistique ; Chouraki écrit Elohîm).

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