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Lettré richissime ayant résolu de dissiper sa fortune en faisant imprimer et diffuser à un nombre d’exemplaires honorable les manuscrits qu’il a aimé, ainsi que certains livres introuvables de sa prédilection. Selon cette définition ancienne, l’éditeur n’est autre qu’un mécène actif et imaginatif, prêt à faire des recherches intensives pour découvrir les génies qui se cachent, avec soin, entre les pierres des cités. Le mépris de l’argent, l’intention de dilapider un pactole en l’honneur de la *beauté, sont le potlatch au principe du projet éditorial, la sceau de la rencontre de l’éditeur et du poète. Au temps d’Isidore Ducasse, l’édition était déjà tombée majoritairement aux mains de mercantis qui voyaient d’abord dans l’édition une espèce de commerce, déchéance qui a abouti récemment au fait qu’à un faible pourcentage près, la poésie n’est pratiquement plus éditée que sur l’*Internet. *Lacroix, éditeur élu par Ducasse, était d’un type mixte : sans être richissime, sans faire abstraction de tout souci commercial, il mettait assez de prix à ce qu’il éditait pour, ayant fait un « pont d’or » à Victor *Hugo, se retrouver failli à quarante ans, en 1874.

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