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Il y devroit avoir coercion des loix contre les escrivains ineptes & inutiles, comme il y a contre les vagabonds & faineants. On banniroit des mains de nostre peuple & moy & cent autres. L’escrivaillerie semble estre quelque symptosme d’un siecle desbordé.

Montaigne, Essais.

Laissez de côté les écrivassiers funestes, Sand, Balzac, Alexandre Dumas, Musset, Du Terrail, Féval, Flaubert, Baudelaire, Leconte et la Grève des Forgerons !

(I : 39)

Concept généralisant celui de *Grandes-des-Têtes-Molles aux têtes de calibre quelconque. De tout temps, les littérateurs furent les premiers à se plaindre de l’abondance de la librairie, qui noie dans le même bain le tout-venant des salaisons et l’enfant de leurs nuits valeureuses. Déblayer le terrain en convaincant le lecteur qu’il a mieux à faire que lire d’autres auteurs que l’auteur est une précaution élémentaire : c’est l’objet du manifeste, genre dont relève assez Poésies I. (Chez Byron, tel fut l’office de English Bards and Scotch Reviewers, chez Hugo celui de la préface de Cromwell, …) Mais, alors que les écrivaillons de Montaigne sont simplement inutiles – c’est-à-dire valant zéro ou peu s’en faut, sans qu’il y ait ici lieu de scinder le jugement littéraire du moral –, les écrivassiers de Ducasse sont nuisibles – c’est-à-dire que, peut-être grands en valeur absolue, ils sont affectés du signe MOINS par la disgrâce des *applications auxquelles ils se livrent. Contre les modernes, Ducasse s’applique à distinguer la grandeur littéraire (point de vue esthétique), et le signe (moral) qui, seulement s’il est positif, permet d’identifier celle-ci à la grandeur morale. Si, pour estimer les ouvrages de l’esprit, au lieu de journalistes qui n’écrivent que pour amuser, on réunissait un jury d’hommes compétents, ils s’attacheraient, procédant suivant le code ducassion, à amender l’usage scolaire habituel par des cotations éventuellement négatives : ainsi Flaubert obtiendrait mettons 8 en beauté, 6 en vérité, –2 en bonté, la bonté b intervenant en facteur selon une formule telle que c = b(b + iv) où b est la beauté, iv la vérité (l’opérateur i rappelant qu’on raisonne en portant la vérité sur l’axe imaginaire), ce qui dans le cas Flaubert donne c = –16 –12i, cote funeste

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